L'essentiel en 30 secondes
- Le RevPAR se calcule en divisant le chiffre d'affaires hébergement hors taxes par le nombre de chambres disponibles sur la période.
- Il est égal au prix moyen par chambre vendue multiplié par le taux d'occupation, ce qui permet de vérifier chaque calcul.
- Une baisse de prix ne se justifie que si le gain d'occupation maintient ou augmente le RevPAR.
- Le RevPAR ne mesure ni les coûts ni les autres revenus de l'établissement, que le TRevPAR et le GOPPAR permettent de prendre en compte.
La formule du RevPAR et ce qu’elle mesure
Le RevPAR, ou revenu par chambre disponible, répond à une question que le taux d’occupation et le prix moyen ne règlent pas séparément : combien rapporte en moyenne chacune des chambres de l’établissement sur une période donnée ? Les chambres vides entrent dans le calcul, si bien qu’un hôtel à moitié vide voit son RevPAR baisser même lorsque ses clients ont payé le prix fort.
La formule du RevPAR divise le chiffre d’affaires hébergement hors taxes de la période par le nombre de chambres disponibles sur cette même période. Ce dénominateur correspond au nombre de chambres multiplié par le nombre de nuits, si bien qu’un hôtel de 20 chambres ouvert 30 nuits dispose de 600 nuitées disponibles.
Une seconde méthode donne exactement le même résultat. Elle consiste à multiplier le prix moyen par chambre vendue, appelé ADR, par le taux d’occupation exprimé sous forme décimale. Elle permet surtout de contrôler un calcul, car un écart entre les deux résultats signale une donnée mal saisie. Le prix moyen et les conventions qui l’entourent sont détaillés dans notre guide consacré à l’ADR et au prix moyen par chambre vendue.
Cet indicateur arbitre entre deux réflexes opposés, remplir l’hôtel à tout prix ou défendre son tarif coûte que coûte. Pour un établissement de 10 à 50 chambres, il résume en un chiffre ce que rapporte le parc de chambres et permet de comparer deux mois ou deux hôtels de tailles différentes.
Calculer le taux d’occupation et le RevPAR d’un hôtel pas à pas
Le calcul commence par le taux d’occupation, qui rapporte le nombre de nuitées vendues au nombre de nuitées disponibles et se multiplie par 100 pour s’exprimer en pourcentage. Une nuitée vendue correspond à une chambre occupée pendant une nuit, quel que soit le nombre de personnes qui y dorment, car le RevPAR repose sur l’occupation en chambres et non en lits.
Prenons un hôtel de 20 chambres sur une période de 30 jours. Il dispose de 600 nuitées et en vend 450, ce qui donne un taux d’occupation de 75 %. Son chiffre d’affaires hébergement atteint 54 000 euros hors taxes. En divisant ce montant par les 600 nuitées disponibles, on obtient un RevPAR de 90 euros par chambre disponible. L’ADR, calculé sur les 450 nuitées vendues, s’établit à 120 euros, et la vérification est immédiate puisque 120 euros multipliés par 0,75 donnent bien 90 euros.
Le calculateur en haut de page reprend ces quatre données et affiche les trois indicateurs à partir de vos propres chiffres. Les mêmes formules s’appliquent à une seule nuit. À titre d’exemple, un soir où l’hôtel vend 16 chambres sur 20 à 125 euros en moyenne, il encaisse 2 000 euros, occupe 80 % de ses chambres et affiche un RevPAR de 100 euros pour cette nuit.
Deux conventions doivent être fixées une fois pour toutes. Le chiffre d’affaires retenu est celui de l’hébergement seul, hors taxes, sans le petit-déjeuner, le restaurant ni la taxe de séjour. Reste le sort des chambres fermées pour travaux. Si deux chambres de l’exemple restent hors service pendant 10 nuits, les retirer du calcul ramène les nuitées disponibles à 580 et porte le RevPAR à environ 93,10 euros, alors que les conserver le laisse à 90 euros. Les deux options se défendent, à condition de ne pas changer de règle d’un mois à l’autre.
Comparer deux périodes et mesurer l’effet d’une baisse de prix
Le RevPAR prend tout son sens lorsqu’on le suit dans le temps, car une série de mois révèle l’effet réel des décisions tarifaires. L’erreur la plus courante consiste à se réjouir d’un prix moyen en hausse ou d’un hôtel complet sans vérifier ce que l’ensemble a rapporté par chambre.
Imaginons, à titre d’illustration, que le même hôtel vende le mois suivant 480 nuitées à 115 euros en moyenne, toujours sur 30 jours. Son prix moyen recule de 5 euros. Son chiffre d’affaires hébergement atteint pourtant 55 200 euros, son occupation 80 % et son RevPAR 92 euros. Chaque chambre a donc rapporté 2 euros de plus par nuit que le mois précédent, soit 1 200 euros supplémentaires sur la période.
Le même raisonnement permet d’évaluer une baisse de prix avant de la décider. Si l’hôtel de l’exemple réduit son prix moyen de 10 %, de 120 à 108 euros, il doit vendre 500 nuitées pour conserver un RevPAR de 90 euros, puisque 500 nuitées à 108 euros redonnent 54 000 euros. Son taux d’occupation doit alors passer de 75 % à environ 83,3 %, ce qui représente 50 nuitées de plus sur le mois. En dessous de ce seuil, la remise fait perdre du chiffre d’affaires, et au-delà le gain doit encore couvrir le surcroît de ménage et de linge.
Cette lecture est au cœur de la gestion des revenus, que notre guide du yield management à l’hôtel présente dans une version adaptée aux petits établissements. Elle évite de baisser les prix par réflexe dès que la demande ralentit.
Adapter le RevPAR à la location courte durée
Pour un loueur ou une conciergerie, l’indicateur garde la même logique en remplaçant la chambre par le logement. Le revenu par logement disponible divise les loyers hors taxes des nuits louées par le nombre de logements multiplié par le nombre de nuits de la période, et le taux d’occupation rapporte les nuits louées à ces nuits disponibles.
Prenons l’exemple d’une conciergerie qui gère 8 logements sur 30 nuits. Elle dispose de 240 nuits à louer, en loue 168 et encaisse 16 800 euros hors taxes de loyers. Son prix moyen par nuit louée s’élève à 100 euros, son taux d’occupation à 70 % et son revenu par logement disponible à 70 euros. Le contrôle reste identique, puisque 100 euros multipliés par 0,7 donnent 70 euros.
La location courte durée impose deux conventions supplémentaires. Les nuits que le propriétaire se réserve pour son usage personnel ne sont pas à vendre, et il est plus juste de les retirer des nuits disponibles. Les frais de ménage facturés à part relèvent d’une prestation distincte, comparable au petit-déjeuner à l’hôtel, et les exclure permet de comparer le revenu des nuits elles-mêmes, pourvu que la règle reste la même pour tous les logements.
Pour une conciergerie, l’indicateur sert surtout à repérer les biens qui rapportent moins que leur potentiel, à condition de comparer des logements de même catégorie. Il devient aussi un support solide face à un propriétaire, qui voit en un chiffre ce que son logement a produit sur le mois.
Ce que le RevPAR ne mesure pas : coûts, autres revenus et rentabilité
Le RevPAR est un indicateur de chiffre d’affaires et non de rentabilité. Il ignore ce que coûte une nuit vendue, du ménage à l’énergie en passant par les commissions des plateformes de réservation. Deux mois au RevPAR identique peuvent donc laisser des marges très différentes, selon que les chambres ont été vendues en direct ou par un intermédiaire.
Il ignore aussi les autres revenus de l’établissement. Un hôtel qui vend beaucoup de repas ou de séminaires paraît ainsi moins performant qu’il ne l’est. Le TRevPAR, ou revenu total par chambre disponible, corrige ce biais en divisant l’ensemble du chiffre d’affaires de l’établissement, restauration, bar et services compris, par le même nombre de chambres disponibles.
Le GOPPAR va plus loin en rapportant le résultat brut d’exploitation au nombre de chambres disponibles. Il mesure ainsi ce que chaque chambre rapporte une fois les charges d’exploitation déduites. Il suppose en revanche un suivi régulier des dépenses, plus lourd à tenir dans un petit hôtel.
Le RevPAR reste l’indicateur commercial le plus simple à suivre. Il indique si les chambres ont été bien vendues, et il revient ensuite au gestionnaire de vérifier que ce chiffre d’affaires se transforme en marge.
Suivre votre RevPAR chaque nuit sans reconstruire de tableau
Une division suffit à calculer le RevPAR, mais l’exercice devient fastidieux lorsqu’il faut chaque mois extraire les ventes, retirer les petits-déjeuners et compter les nuitées. Repoussé à la fin de la saison, le calcul arrive trop tard pour corriger une tendance installée depuis des semaines.
Dans Etelya, la clôture journalière fige chaque nuit l’occupation, le prix moyen et le RevPAR de la veille. Les rapports d’activité affichent sur 7, 30 ou 90 jours le taux d’occupation, l’encaissé, le prix moyen par nuit et le revenu par chambre disponible, calculés hors taxes sur les nuitées vendues. Etelya ne fixe pas vos prix à votre place, il vous donne une base stable pour décider.
Vous pouvez l’essayer pendant 30 jours sans carte bancaire. Le tarif public d’Etelya s’élève à 20 euros HT par mois jusqu’à 5 chambres, puis à 4 euros HT par chambre de la 6e à la 30e et à 3 euros au-delà. Pour l’hôtel de 20 chambres de l’exemple, l’abonnement revient à 80 euros HT par mois, soit moins que le prix moyen d’une seule nuit vendue.
Questions fréquentes
Comment calculer le RevPAR d'un hôtel ?
On divise le chiffre d'affaires hébergement hors taxes par le nombre de chambres disponibles, c'est-à-dire le nombre de chambres multiplié par le nombre de nuits. Un hôtel de 20 chambres qui réalise 54 000 euros en 30 jours affiche un RevPAR de 90 euros.
Comment calculer le taux d'occupation d'un hôtel ?
On divise les nuitées vendues par les nuitées disponibles, puis on multiplie le résultat par 100. Un hôtel qui vend 450 nuitées sur 600 disponibles affiche un taux d'occupation de 75 %.
Quelle différence entre le RevPAR et le TRevPAR ?
Le RevPAR ne retient que le chiffre d'affaires de l'hébergement. Le TRevPAR divise l'ensemble du chiffre d'affaires de l'établissement, restauration, bar et services compris, par le même nombre de chambres disponibles.
Le RevPAR s'applique-t-il à la location courte durée ?
Oui, en remplaçant la chambre par le logement. On divise les loyers hors taxes des nuits louées par le nombre de logements multiplié par le nombre de nuits de la période.
L'équipe Etelya, Éditeur du logiciel Etelya, Codyweb
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