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ADR hôtel : calculer et interpréter le prix moyen par chambre vendue

L'ADR, pour Average Daily Rate, est le prix moyen auquel un hôtel vend une chambre sur une période, obtenu en divisant le chiffre d'affaires hébergement par le nombre de nuitées vendues. Il ne dit rien du remplissage de l'établissement, c'est pourquoi on le lit toujours avec le taux d'occupation et le RevPAR.

Tableau de bord d'un hôtel affichant le prix moyen par chambre vendue, le taux d'occupation et le RevPAR

L'essentiel en 30 secondes

  • L'ADR se calcule en divisant le chiffre d'affaires hébergement hors taxes par le nombre de nuitées vendues sur la même période.
  • Il ne tient compte que des chambres occupées et doit donc toujours se lire avec le taux d'occupation et le RevPAR.
  • Fixez une fois pour toutes ce que vous incluez dans le calcul, sinon les comparaisons entre deux périodes perdent leur sens.
  • Un ADR en hausse n'est une bonne nouvelle que si le RevPAR progresse lui aussi.

Ce que mesure l’ADR d’un hôtel et ce qu’il ne mesure pas

L’ADR hôtel, que l’on traduit par prix moyen par chambre vendue, répond à une question simple : à quel prix l’établissement a-t-il vendu, en moyenne, chacune des nuits qu’il a effectivement remplies ? Seules les chambres occupées entrent dans le calcul. Une chambre restée vide ne tire donc le résultat ni vers le haut ni vers le bas.

C’est à la fois sa force et sa limite. L’ADR montre si votre politique tarifaire tient ses promesses, si les remises consenties aux groupes ou en dernière minute ont fait glisser le prix réel sous votre grille, et si les hausses décidées pour la haute saison se retrouvent bien dans le chiffre d’affaires. Il ne dit en revanche rien de la part de l’hôtel qui est restée invendue.

Beaucoup d’hôteliers indépendants découvrent l’écart en fin de mois. Une grille qui affiche un prix rond pour la chambre double peut cacher un prix réellement encaissé nettement inférieur, une fois déduits les tarifs négociés, les promotions et les chambres vendues moins cher sur les plateformes. Tant que l’ADR n’est pas calculé régulièrement, cet écart reste invisible et se répète d’un mois sur l’autre.

Pour un loueur ou une conciergerie, la logique est la même à l’échelle du logement. L’ADR indique le prix moyen d’une nuit louée, indépendamment du nombre de nuits restées libres dans le calendrier, et permet de comparer plusieurs biens entre eux sur une base commune.

La formule de l’ADR et les conventions à fixer avant de calculer

La formule tient en une ligne. On divise le chiffre d’affaires hébergement de la période par le nombre de nuitées vendues sur cette même période. Une nuitée vendue correspond à une chambre occupée pendant une nuit, si bien qu’un client qui reste trois nuits compte pour trois nuitées, quelle que soit la taille de son groupe.

Le résultat n’a de valeur que si le chiffre d’affaires retenu est toujours défini de la même façon. Il s’agit de l’hébergement seul, hors taxes, sans le petit-déjeuner, le restaurant, le bar ou le parking. La taxe de séjour en est également exclue, puisque l’hôtel la collecte pour la reverser à la commune. Lorsqu’un forfait inclut le petit-déjeuner, la part du repas se retire du prix de la nuit avant le calcul.

Reste la question des chambres offertes, des nuits accordées en dédommagement et des chambres occupées par le personnel. Les inclure fait baisser l’ADR, les exclure le maintient. Aucune des deux options n’est fausse en soi. Ce qui fausse l’analyse, c’est de changer de convention d’un mois sur l’autre, car la comparaison entre deux périodes perd alors tout son sens.

Le choix de la période compte aussi. Un ADR mensuel lisse les écarts entre la semaine et le week-end, alors qu’un ADR calculé jour par jour montre précisément les soirs où l’hôtel vend trop bas. Les deux lectures se complètent et répondent à des décisions différentes.

Un exemple chiffré sur un hôtel de 20 chambres

Prenons l’exemple d’un hôtel de 20 chambres sur une période de 30 jours. Il dispose de 600 nuitées à vendre, soit 20 chambres multipliées par 30 nuits. Sur la période, il en vend 450 et réalise 54 000 euros hors taxes de chiffre d’affaires hébergement.

L’ADR s’obtient en divisant 54 000 euros par 450 nuitées, ce qui donne 120 euros par chambre vendue. Le taux d’occupation rapporte les 450 nuitées vendues aux 600 disponibles et atteint 75 %. Le RevPAR divise enfin les mêmes 54 000 euros par les 600 nuitées disponibles et s’établit à 90 euros.

Les trois chiffres se vérifient entre eux. Multiplier l’ADR par le taux d’occupation redonne le RevPAR, puisque 120 euros multipliés par 0,75 font bien 90 euros. Ce contrôle permet de repérer une erreur de saisie avant de tirer des conclusions d’un tableau faux.

Vous pouvez refaire ce calcul avec vos propres chiffres grâce au calculateur du guide consacré au RevPAR, qui donne les trois indicateurs à partir du nombre de chambres, de la durée de la période, des nuitées vendues et du chiffre d’affaires hébergement.

ADR, taux d’occupation et RevPAR, trois indicateurs à lire ensemble

Pris isolément, chaque indicateur peut induire en erreur. Le taux d’occupation dit combien de chambres ont été remplies, sans rien dire du prix. L’ADR dit à quel prix elles ont été vendues, sans rien dire de leur nombre. Le RevPAR, revenu par chambre disponible, combine les deux et mesure ce que rapporte chaque chambre de l’établissement, qu’elle soit occupée ou non.

Reprenons l’hôtel de l’exemple et imaginons deux stratégies pour le mois suivant. Dans la première, il monte ses prix et vend 360 nuitées à 140 euros en moyenne. Son ADR progresse de 20 euros, mais son chiffre d’affaires hébergement tombe à 50 400 euros, son occupation à 60 % et son RevPAR à 84 euros. Le prix moyen a augmenté alors que l’hôtel gagne moins.

Dans la seconde, il baisse ses prix et vend 540 nuitées à 105 euros en moyenne. L’ADR recule de 15 euros, mais le chiffre d’affaires atteint 56 700 euros, l’occupation 90 % et le RevPAR 94,50 euros. Ce scénario rapporte davantage sur l’hébergement, même s’il impose plus de ménage, plus de linge et plus de petits-déjeuners à servir, autant de coûts que le RevPAR ne mesure pas.

Ces deux hypothèses montrent qu’un ADR en hausse n’est pas toujours une bonne nouvelle. La bonne lecture consiste à suivre les trois indicateurs côte à côte, période après période, et à se demander à chaque variation lequel des deux leviers, le prix ou le remplissage, l’explique.

Améliorer son prix moyen sans vider l’hôtel

Faire monter l’ADR ne passe pas seulement par une hausse générale des tarifs, qui fait fuir une partie de la clientèle. Le premier levier consiste à mieux répartir les prix dans le temps. Les nuits où la demande dépasse l’offre, comme les salons, les jours fériés ou les week-ends d’été, peuvent se vendre plus cher, tandis que les tarifs bas se réservent aux nuits qui resteraient vides sans eux.

Le deuxième levier tient à la composition des ventes. Une chambre supérieure proposée à l’arrivée pour un supplément modeste, une offre qui inclut un service apprécié ou un tarif flexible un peu plus cher que le tarif non remboursable font progresser le prix moyen sans toucher au prix d’appel. Des plans tarifaires bien définis dans votre logiciel de gestion permettent d’organiser ces offres sans multiplier les calculs à la réception.

Le troisième levier consiste à surveiller les remises. Les réductions accordées par habitude, les tarifs négociés jamais révisés et les promotions laissées actives au-delà de leur période pèsent sur l’ADR plus qu’on ne l’imagine. Pour les repérer, il faut suivre le prix moyen par origine de réservation et pas seulement en moyenne globale.

Ces ajustements relèvent de la gestion des revenus, que notre guide du yield management à l’hôtel présente avec ses limites pour un petit établissement. À occupation constante, chaque euro gagné sur l’ADR s’ajoute directement au chiffre d’affaires. Sur les 450 nuitées de l’exemple, cinq euros de plus par nuit représentent 2 250 euros sur la période.

Suivre votre ADR chaque jour sans reconstruire de tableau

Le calcul est simple, mais il devient fastidieux lorsqu’il faut chaque mois extraire les ventes, retirer les petits-déjeuners, compter les nuitées et recommencer pour la période précédente afin de comparer. Beaucoup d’hôteliers finissent par ne le faire qu’une fois par trimestre, trop tard pour corriger une tendance.

Dans Etelya, la clôture journalière fige chaque jour le taux d’occupation, l’ADR et le RevPAR de la veille. Les chiffres ne bougent plus une fois la journée clôturée, ce qui permet de comparer les périodes sur une base stable, et les rapports d’activité les rassemblent pour suivre leur évolution sans ressaisie.

Vous pouvez l’essayer 30 jours sans carte bancaire et sans engagement. Vous renseignez vos chambres et vos tarifs, vous enregistrez vos réservations, et votre premier ADR apparaît dès la première clôture. Le tarif public d’Etelya se calcule sur votre nombre de chambres, avec des utilisateurs illimités.

Rapports d’Etelya sur 30 jours : taux d’occupation, encaissements, prix moyen par nuit, RevPAR, courbe du chiffre d’affaires et origine des réservations
Les rapports sur 30 jours : occupation, ADR, RevPAR et origine des réservations.

Questions fréquentes

Comment calculer l'ADR d'un hôtel ?

On divise le chiffre d'affaires hébergement hors taxes de la période par le nombre de nuitées vendues. Un hôtel qui réalise 54 000 euros avec 450 nuitées vendues affiche un ADR de 120 euros.

Quelle différence entre l'ADR et le RevPAR ?

L'ADR divise le chiffre d'affaires hébergement par les nuitées vendues, le RevPAR par les nuitées disponibles. Le RevPAR est égal à l'ADR multiplié par le taux d'occupation.

Faut-il inclure le petit-déjeuner dans l'ADR ?

Non. L'ADR ne retient que le chiffre d'affaires de l'hébergement, hors taxes et hors taxe de séjour. Lorsqu'un forfait inclut le petit-déjeuner, la part du repas se retire du prix de la nuit avant le calcul.

L'équipe Etelya, Éditeur du logiciel Etelya, Codyweb

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